Découverte d'une méthode de dépistage de l’encéphalopathie traumatique chronique

Le Prof. Alon Friedman, directeur du Centre Zlotowski pour les Neurosciences, a développé une méthode particulière de scanographie du cerveau afin de dépister l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC) avant qu’elle ne cause une lésion cérébrale fatale.

Découverte il y a environ 90 ans par des médecins américains lors d’autopsies sur les cadavres de boxeurs, l’ETC est une maladie dégénérative du cerveau qui se manifeste progressivement notamment auprès des athlètes ayant un historique de traumatismes cérébraux récurrents. La dégradation du cerveau se manifeste par la dépression, la perte de mémoire et enfin la démence, mais ce n‘est qu’après plusieurs années ou décennies que les changements causés par la maladie se manifestent, ce qui la rend extrêmement difficile à dépister. Actuellement, le dépistage de la maladie se fait à la mort du patient.

“Il est trop tard quand le diagnostic est fait”, explique le Prof. Friedman, qui dirige le laboratoire de neurochirurgie expérimentale en collaboration avec l’Hôpital Universitaire Soroka. C’est pourquoi nous ne sommes pas capables d’identifier ni d’estimer qui sont les populations à haut risque de l’ETC. “Outre la difficulté du diagnostic, notre connaissance de la pathologie de cette maladie est extrêmement limitée”.

Dans le Centre pour la Recherche sur l’Imagerie Cérébrale, l’équipe du Prof. Friedman travaille activement à développer une méthode basée sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) afin de dépister la maladie avant même la perte du tissu cérébral vital. Par cette méthode, ils veulent identifier les fuites éventuelles de la barrière hémato-encéphalique, le tissu qui empêche la pénétration de toxines dans la sang et qui évite  ainsi une lésion cérébrale. Le Prof. Friedman a développé une technique nommée IRM dynamique basée sur un contraste. Au début de cette procédure, les chercheurs effectuent une scanographie IRM standard du cerveau, puis ils la comparent à des scanographies effectuées après injection en intraveineuse d’un agent de contraste. Lorsque la barrière hémato-encéphalique est endommagée, la scanographie montre un égouttement de l’agent de contraste dans le cerveau, tandis qu’en cas d’une barrière hémato-encéphalique normale, aucun changement ne se produit. La comparaison de toutes les scanographies permet aux médecins de mesurer les dommages causés à la barrière hémato-encéphalique. ”On peut exprimer le changement dans le tissu par un chiffre qui indique l’étendue de la fuite”, explique le Prof. Friedman.

Le Prof. Friedman espère que cette nouvelle méthode puisse être prochainement utilisée et ce notamment pour les patients à risque, ce qui permettra d’avoir un diagnostic plus précoce de la maladie.

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